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Afin de rendre un hommage à Pierre Lambert, directeur de la publication de la revue Dialogue, décédé le 16 janvier dernier, nous proposons à nos lecteurs un article écrit par notre camarade, publié en novembre 2002, dans le second numéro de la revue. Chacun pourra juger du caractère actuel de cet article, dont l’analyse et les perspectives s’inscrivent tout à fait dans la discussion préparatoire à la conférence de Madrid.

Charles Enderlin,  Le rêve brisé — histoire de l'échec du processus de paix au Proche-orient 1995-2002 

Par Pierre Lambert

Nous avons estimé devoir présenter ce livre de Charles Enderlin, journaliste israélien, correspondant de France 2. Bien entendu, je prends seul la responsabilité du choix des intertitres, des citations et des commentaires politiques.

Un livre dont on peut — et c'est notre cas — discuter les objectifs, mais étayé sur des informations qui paraissent sérieuses. Il n'est évidemment pas question d'utiliser ces informations pour attribuer à l'auteur des points de vue qui ne sont pas les siens. Il s'agit d'essayer, par ces informations, de contribuer à la recherche d'une issue positive au drame épouvantable qui se déroule en Palestine.

Pour ma part, la solution véritable sera que soit convoquée, sur tout le territoire de la Palestine historique, une Constituante palestinienne ayant vocation d'édifier un seul État avec des droits égaux pour tous et toutes, juifs, arabes, druzes, ce qui implique le droit au retour. D'autres préconisent la constitution de deux États (et c'est là la position de Charles Enderlin). Mais, quelles que soient les positions des uns et des autres, personne ne devrait accepter de voir se poursuivre les massacres ordonnés par le gouvernement Sharon, massacres qui bafouent ce qui a représenté l'apport des juifs à la civilisation humaine, à savoir le combat pour la démocratie, l'égalité, l'émancipation politique.

Ces traditions qui s'expriment par exemple dans cette lettre d'un jeune Israélien qui refuse son incorporation dans l'armée :  Aujourd'hui, ce 23 octobre 2002, je serai conduit dans une prison militaire comme conséquence de ma volonté de maintenir mes opinions politiques qui m’interdisent d'appartenir aux forces armées israéliennes. En dépit de mon jeune âge, puisque j'ai à peine 18 ans et que je n’ai donc pas de mémoire personnelle du passé, je peux sans réserve déclarer que l'État d'Israël a atteint son niveau moral le plus bas (...). La répression de toute pensée critique, l'acceptation totale des crimes de l'armée, l’admiration sans réserve de l'armée et l'acceptation graduelle du principe du ''nettoyage ethnique'' ne sont que des expressions de l'effondrement de notre société (...). Avec tout cela, je refuse de coopérer. La voix de la conscience et les leçons que l'humanité devrait tirer de multiples situations similaires du passé ne me laissent d'autre choix que de refuser l'incorporation dans l’armée israélienne. L'oppression connue par les peuples de cette région au temps des empires coloniaux, les souffrances des esclaves et des Indiens en Amérique du Nord, la guerre d'indépendance de l'Algérie, l’apartheid en Afrique du Sud, tous ces précédents rendent mon refus nécessaire. Les actes de mon grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale, dans son combat contre le nazisme, et sa croyance dans l’humanisme sont aussi des éléments qui m’amènent à ce refus. Dans ma famille, j'ai appris ce qu’étaient l'oppression et l’injustice. Confronté à ce qui se passe ici et maintenant, il n 'y a pas d'autre voie. 

Ouvrons donc le livre de Charles Enderlin.

 Il était entendu, dès la parution de mon ouvrage intitulé Paix ou guerre, les secrets des Négociations israélo-arabes 1997-1999, que j'écrirais la suite du processus de paix de 1995 à 2000.  Après avoir indiqué qu'il pensait alors que  les négociations iraient à l'échec.  Enderlin poursuit :

 L'écart ne se creusait-il pas de jour en jour entre la réalité sur le terrain et le discours des négociateurs ? Dans les camps de réfugiés de Gaza et de Cisjordanie, dans les villes dites de développement en Israël (les villes d'Israël où vivent les Arabes), on me répétait que la vie était plus difficile depuis 1996. S'ils veulent faire la paix, pourquoi accélèrent-ils la construction dans les implantations et sur nos terres ? Pourquoi, me demandaient les Palestiniens, devons-nous passer par tant de barrages militaires ? Les Israéliens renvoyaient la question : pourquoi commettent-ils des attentats chez nous, alors que nous sommes disposés à signer un accord et à évacuer certaines implantations? 

Il serait possible de poser une autre question : pourquoi des centaines de milliers, des millions de Palestiniens, devraient-ils accepter la proposition (vaine par ailleurs) que les Israéliens évacuent certaines  implantations  construites sur l'expropriation des  terres possédées par les arabes palestiniens  ?

Quel est le contenu réel des deux États ?

Pour répondre à cette question, laissons parler Charles Enderlin, dont les informations illustrent parfaitement, à mon avis, la question des implantations, qui donnent le contenu pratique de la politique israélienne.

-  En 1995, les implantations juives ont connu un réel essor. Leur population est passée de 105 940 colons en 1992 à 151 324 en juin 1996. Le nombre d'Israéliens habitant les nouveaux quartiers juifs construits sur des territoires occupés s'élèvent à 200 000, soit une augmentation de 50 000 unités. 

Il est souvent plus ou moins suggéré que les travaillistes auraient une politique plus souple que celle du Likoud. Laissons parler les faits.

- Les travaillistes perdent les élections. La droite compose le gouvernement et Netanyahu (Likoud) devient Premier ministre.  Netanyahu envoie, le 23 juillet, David Lévy, son ministre des Affaires étrangères, rencontrer officiellement Arafat. L'entretien se déroule au barrage d'Erez, à l’entrée de la bande de Gaza. La longue poignée de main entre les deux hommes fait le délice des chaînes de télévision et de la gauche israélienne : (...) Jamais lorsque j'ai lancé le processus d'Oslo je n'aurais imaginé voir David Lévy serrer la main d'Arafat, s'exclame Yossi Beilin.  Bien.

- Le 19 juillet, au nord de Ramallah, des centaines de Palestiniens manifestent contre la saisie de 40 hectares de terres agricoles par l'armée israélienne. Les habitants de Samua, près d'Hébron, sont placés sous couvre-feu. Ils sont accusés d'avoir saboté les machines utilisées par des entrepreneurs israéliens pour la construction d'une route de contournement qui doit passer sur leurs terres. Dix jours plus tard, Avigdor Lieberman, le directeur général de la présidence du Conseil à Jérusalem, annonce un nouveau programme destiné à relancer l'économie dans les implantations.

(...) Le chef d'orchestre de cette nouvelle politique n’est autre qu’Ariel Sharon. Ministre des Infrastructures nationales disposant d'un budget de plus de 500 millions de dollars (...). Le nouveau gouvernement a l’intention d'augmenter de 50 000 habitants en quatre ans la population juive dans les territoires occupés.

En 1999, Barak (travailliste) est Premier ministre. Le 16 septembre Yasser Arafat nomme Y. Abed Rabbo, le ministre palestinien, à la tête de la délégation aux pourparlers sur le statut définitif.  Ehoud Barak reçoit un rapport du ministère de la Défense au sujet des quarante-deux nouvelles implantations créées en Cisjordanie sans autorisation. Selon les experts, dix d'entre elles sont illégales, une onzième est installée dans un champ de tir. Le Premier ministre israélien parviendra à un accord avec le conseil des implantations. Trente seront légalisées et recevront un permis de construire dans le cadre des plans de développement existants, les autres seront évacuées. Un compromis que n’acceptent pas les jeunes militants du mouvement de colonisation : ils refuseront, promettent-ils, toute évacuation. La gauche, au sein du gouvernement Barak, ne proteste que mollement contre la création de nouvelles colonies. 

Depuis son arrivée au pouvoir, et jusqu’à la fin du mois de décembre 1999, le gouvernement Barak aura publié 3196 nouveaux appels d'offres pour des constructions dan les colonies. Aux protestations des Palestiniens et de la gauche israélienne, le Premier ministre (travailliste) répond: Ce sont des engagements pris par le gouvernement précédent, si nous les annulons nous risquons d être traînés devant la Haute Cour de justice. Si nous concluons l’accord définitif, tout sera réglé.

- (...) les négociations secrètes qui vont s’ouvrir parallèlement aux pourparlers officiels. (...) la discussion porte sur l'avenir des implantations. Gilead Sher et le ministre de la Sécurité intérieure, Shlomo Ben Ami, sont là, face à Abou Ala et Hassan Asfour. Le lendemain, nouveau rendez-vous secret dans l’hôtel d'un kibboutz près de Jérusalem. [Les envoyés américains] Dennis Ross et Robert Malley, assistant du conseiller national à la sécurité (Sandy Berger), puis conseiller du président pour les affaires israélo-arabes, y assistent. Abou Ala présente sa position sur la question des réfugiés et Jérusalem : Il faut tout d' abord que la solution soit fondée sur la résolution 194 de l'Assemblée nationale des Nations unies, ensuite mettre sur pied une commission réunissant conjointement Israéliens et Palestiniens avec la participation de représentants des Etats-unis, du Canada, de l'Europe et du Japon, ainsi que des pays qui ont accueilli des réfugiés.

Enregistrons que pour tenter de trouver une solution à l'impasse, les Américains admettent qu'il leur faudra participer à la mise en place de ce qui est déjà dénommé  forces d'interposition  armées, sur un objectif clairement délimité : Cette commission préparerait un questionnaire qui serait soumis aux réfugiés, mais les questions devraient être rédigées de telle manière que ceux qui répondraient qu'ils désirent retourner en Israël seraient une minorité. (...) Les Américains sont satisfaits. Une vraie négociation s'engage.  Le cynisme n’a pas de bornes.

 Il n’y a pas le choix 

Le 30 mars 1996, les généraux israéliens présentent au Premier ministre travailliste Shimon Pérès le plan d'une vaste opération militaire intitulée  Raisins de la colère .

-   Très vite, Pérès comprend qu’il n 'a pas le choix. S'il refuse le plan de l'état-major, certains généraux ne manqueront pas de glisser à la presse que le Premier ministre place la sécurité du pays au second plan, ne prend pas ses responsabilités. (...) L'opération Raisins de la colère  est donc déclenchée le 11 avril 1996. Le bombardement massif du Sud-Liban commence. Tsahal lance un appel aux habitants de 49 villages afin qu’ils quittent rapidement leurs domiciles. Deux cent mille réfugiés fuient la région.

(...) A Beyrouth, plusieurs QG du Hezbollah sont attaqués par des hélicoptères de combat équipés de bombes guidées par laser. La première bavure intervient deux jours plus tard : un hélicoptère détruit une ambulance libanaise, tuant quatre enfants et deux femmes. Malgré tout, Pérès décide de poursuivre l'opération jusqu’à les réalisations de ses objectifs. Le 16 avril, Tsahal, qui par ailleurs ne parvient pas à faire cesser les tirs de roquettes quotidiens sur le territoire israélien, attaque l'aéroport international de Beyrouth.

-  Le 18 avril, des obus israéliens tombent sur une base de casques bleus à Kfarkana. De nombreux civils libanais y sont réfugiés. C'est un véritable carnage : 102 personnes sont tuées et, parmi elles, des enfants et des femmes. Tsahal et le gouvernement israélien présentent des regrets et des excuses, expliquant qu’il s'agit d'erreurs (...). 

On sait aujourd'hui, encore plus qu'hier, ce que valent les  excuses … Cela dit, quelle que soit l'équipe au pouvoir, l'État israélien démontre par les faits qu'il n' a pas d'autre choix que d'organiser mois après mois, année après année, des opérations du type  Raisins de la colère  avec leurs bavures . Cela, parce que pour Israël et les USA, la constitution d'un État palestinien ne saurait être, au mieux, qu' un État croupion. Et encore !

Exagérons-nous ? Revenons au livre de Charles Enderlin :

Le 9 juillet, Bill Clinton rejoint à la Maison Blanche Benjamin Netanyahu. (...) A l'issue de leur rencontre, les deux hommes Affirment qu'ils sont d'accord sur le principe que “la paix dans la sécurité est la meilleure formule pour parvenir à la paix au Proche-orient. Clinton ne mentionne pas à cette occasion le principe fondamental dégagé à l'occasion du processus d'Oslo : les territoires contre la paix. Un porte-parole de la Maison Blanche avait néanmoins déclaré quelques heures plus tôt que l'administration américaine considérait toujours que ce principe devait constituer la base des négociations entre Israéliens et Palestiniens.
De retour à Jérusalem, le Premier ministre israélien racontera au cours d'une interview télévisée:J'ai présenté au président Clinton et aux membres du Congrès les statistiques de l'accroissement de la population juive en Judée-samarie et à Gaza. Il est de 50%. Cela s'est produit sous un gouvernement travailliste, pas sous une administration Likoud (précise Netanyahu-NDR). C'est l'aboutissement d'un développement national.

Le champ du débat est ainsi délimité par cette déclaration de Netanyahu, au moment où il est devenu Premier ministre après que les travaillistes aient perdu les élections :  Ne prêtez foi à aucun des arguments avancés par la gauche israélienne (dont on a vu qu'elle partageait sur les objectifs fondamentaux les vues de la droite israélienne-NDR) en vertu desquels l'État palestinien serait démilitarisé et son espace aérien contrôlé par Israël.  Charles Enderlin ajoute :  Netanyahu ne croit pas qu'il sera possible refaire renoncer au retour de deux à trois millions de réfugiés sur le territoire israélien.(...) Netanyahu précise publiquement lors d'une réunion du comité central du Likoud : Il n'y aura jamais d'État palestinien entre la Méditerranée et le Jourdain

La responsabilité incombe a l’imperialisme

Il y aurait bien des développements à formuler sur la base des informations fournies par le livre d'Enderlin. Nous voudrions présenter quelques éléments permettant de situer quelle est la place occupée par les USA dans le  jeu  catastrophique où sont entraînés les peuples. Voilà ce qu'il en ressort, à la lecture de la réponse à la question :  Quelle solution américaine ? 

-  Le 23 décembre 2000 (...) à la Maison Blanche, Clinton présente sa dernière proposition aux Israéliens et aux Palestiniens (..) : Les parties, pour satisfaire leurs besoins respectifs, devraient également envisager un échange de territoires. (...) Les parties devraient tracer une carte selon les critères suivants : 80% des colons seraient regroupés dans des blocs d'implantation. Continuité [du territoire]. Minimiser [le nombre] de régions annexées. Minimiser le nombre de Palestiniens affectés.  (Un nombre minimal de Palestiniens devraient donc, pour Clinton, se retrouver dans les zones annexées par Israël).

Sécurité : selon la proposition de Clinton,  la solution réside dans une présence internationale (...). Cette présence aura également pour mission de surveiller l'application de l'accord entre les parties.  Donc :  force d'interposition , c'est-à-dire occupation par des forces armées américaines, directement ou sous leur contrôle, dans le but de garantir la mainmise US sur le monde, sur tous les continents.

Clinton poursuit : (…) Au sujet de l 'espace aérien, je suggère que l 'État de Palestine ait la souveraineté sur son espace aérien mais que les deux parties négocient des arrangements spéciaux pour les besoins opérationnels d'entraînement [de l'aviation] israélienne.

La position israélienne est que la Palestine devrait être définie comme un État démilitarisé alors que la partie palestinienne propose de le définir comme un État à l'armement limité. Le compromis que je propose est de le définir comme un État non militarisé.
Comprenons qu'il dénie à  l'État palestinien  État croupion, les attributs de la souveraineté.

Clinton poursuit :  Cela correspondrait au fait qu'en plus d'une puissante force de sécurité, la Palestine disposerait d’une force internationale qui serait déployée pour assurer la dissuasion et la sécurité de sa frontière.  Toujours, et dans chaque domaine, préserver avant tout les seuls intérêts de l'impérialisme américain, au détriment des peuples.

Concernant les réfugiés, c'est-à-dire les millions de Palestiniens expulsés de leurs villages, Clinton déclare :  J'ai le sentiment que les divergences concernent plus les formulations que ce qui se passerait dans les faits. Je crois qu’Israël est prêt à reconnaître les souffrances morales et matérielles subies par le peuple palestinien à la suite de la guerre de 1948, ainsi que la nécessité d'aider la communauté internationale à aborder le problème. 

Premier acte : les bons sentiments.

Deuxième acte: (…) Les États-unis sont prêts à reconduire cet effort international en faveur des réfugiés.

Le problème fondamental concerne la manière d'aborder le concept du droit au retour. Je connais l'historique de cette question et combien il sera difficile pour la direction palestinienne de donner l'impression de renoncer à ce principe.

Troisième acte, exiger de la direction palestinienne l'abandon du  droit au retour  : la partie israélienne n'a pu accepter l’idée d’un droit au retour qui signifierait le droit d'immigrer en Israël en contravention avec la politique israélienne d'admission [des immigrants], ou d'un droit au retour qui menacerait le caractère juif de l'État.

Toute solution devra tenir compte de ces deux éléments.

Quatrième acte, Clinton exige: La solution devrait satisfaire au principe de l 'existence de deux États, principe que les parties ont accepté comme moyen de mettre un terme au conflit israélo- palestinien : l’État de Palestine devant être la patrie du peuple palestinien et I’État d’Israël la patrie du peuple juif.

Dans le cadre de cette solution à deux État, le principe directeur devrait être que le l'État palestinien sera le point focal pour les Palestiniens qui choisiront de revenir dans la région, tout en tenant compte du fait qu’Israël pourrait accepter certains de ces réfugiés.
( Certains  !!!)

Cinquième acte : exigence de l'abandon du droit au retour, Palestiniens, croupissez dans les camps !

Je crois que nous devons adopter une formule de droit au retour qui stipulerait clairement qu'il n'y a pas de droit spécifique pour le retour en Israël même, mais (comble de l'hypocrisie) sans que cela nie l'aspiration du peuple palestinien au retour dans la région. A la lumière de ce que je viens de dire, je propose les deux alternatives suivantes :

1- Les deux parties reconnaissent le droit des réfugiés palestiniens au retour dans la Palestine historique.

2- Les deux parties reconnaissent le droit des réfugiés palestiniens au retour dans leur patrie. L'accord devrait définir l'application de ce droit d'une manière générale, et faire en sorte qu’il soit compatible avec la solution à deux États. Il devrait prendre en considération cinq possibilités d'installation définitive pour les réfugiés. (…)

En clair, la solution des deux États est totalement contradictoire à la deuxième alternative. Clinton précise :

En présentant ces options, l'accord devrait établir clairement que le retour en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et dans les régions acquises par la Palestine dans le cadre de l’échange de territoires avec Israël, serait un droit pour tous les réfugiés palestiniens. Alors que l'installation définitive dans le pays hôte, la réinstallation dans un pays tiers et l’absorption en Israël dépendraient des [politiques d'immigration] de ces pays.

Israël pourrait stipuler dans l’accord qu’il mettra en oeuvre une politique permettant à certains réfugiés d'être accueillis sur son territoire en vertu de sa décision d'État souverain, et d'elle seule.

Quelles observations pouvons-nous tirer, en guise de conclusion provisoire ? C'est clair, ce n'est pas affirmer un point de vue partisan que de dire que la  solution des deux États , qui procède directement de la volonté du gouvernement des États-unis, est sans issue.

Les éléments qui ont été donnés sur les  solutions  proposées par Clinton conduisent directement à' l'impasse, avec ses conséquences tragiques.

Y a-t-il un autre chemin ?

En dialoguant dans cette revue, militants arabes et juifs de Palestine ne montrent-ils pas qu'une issue existe ?

Ne montrent-ils pas qu'il est possible — malgré les difficultés innombrables qui se trouveront sur ce chemin — d'ouvrir une perspective positive pour que les travailleurs Arabes et Juifs de Palestine puissent vivre, à égalité complète, sur une même terre, dans un même État ?

From DIALOGUE REVIEW ( www.dialogue-review.com )