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Transformer Israël, Par Miko Peled

Article rédigé pour la Conférence de Madrid sur la question de l’Etat Unique.

Maintenant que le Kosovo est le tout nouvel État indépendant à émerger hors des ruines de l’ancienne Yougoslavie, des parallèles sont établis entre les Balkans et le Moyen-Orient. Une réponse à ce développement est venue du ministre des affaires étrangères israélien Tzipi Livini qui a dit qu’elle ne s'occupait pas de savoir si les Palestiniens allaient suivre les Kosovars et déclarer leur propre État ; ce qui l'inquiétait, c’était que les Palestiniens exigent l'égalité des droits avec les Israéliens.

S'ajoutant aux craintes israéliennes à propos de la demande imminente de l'égalité des droits, dans un article publié récemment dans The Guardian, Ahmad Khalidi écrit que l'État offert actuellement aux Palestiniens est moins attrayant que jamais et que les Palestiniens peuvent juste choisir  d’évoquer le plus terrible cauchemar d'Olmert  et donc réclamer  une véritable association de partage de la terre.  Livni et Olmert ont déclaré que la possibilité d'égalité les empêchait de dormir, et cela pour une bonne raison. Une fois que le discours se déplace de l'  auto-détermination à la liberté et à la démocratie  comme Ahmed Khalidi le fait, la branche sioniste de la ségrégation devra plier et une démocratie laïque devra émerger à sa place.

Trois choses seront discutées ici concernant la question de transformation de l'État d'Israël, état ségrégationniste, en État démocratique laïque sur toute la Palestine/Israël historique :

  1. Afin de réaliser une résolution durable au conflit palestino-israélien, il doit être mis fin à la domination d'Israël sur la terre, sur le peuple et sur le dialogue, et les parties doivent négocier comme parties égales. En même temps, n'importe quel effort pour aller dans ce sens doit tenir compte du fait qu'Israël ne permettra pas une telle parité volontairement et emploiera toute sa puissance pour maintenir sa domination.

  2. Aussi longtemps que les principaux efforts pour résoudre le conflit se focaliseront sur le partage historique de la Palestine/Israël, il n’y aura jamais de solution. L'idée du partage est devenue obsolète et la promouvoir permettrait à Israël de dominer le dialogue et de continuer son contrôle brutal des Palestiniens et de leur terre.

  3. Ce qui est connu sous le nom de Solution à un État Unique n'est plus une option parmi d’autres, cela est devenu une réalité ; les efforts et le dialogue doivent maintenant se concentrer sur la transformation du système raciste et ségrégationniste en place aujourd'hui, en un système de gouvernement démocratique laïque. La résolution du conflit ne se situe pas dans le partage et dans plus de ségrégation mais dans le fait de séparer les institutions du gouvernement de l'identité de chacun des deux camps. L'état doit servir et représenter tous les Israéliens et Palestiniens qui vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée.

Afin d'atteindre une résolution durable au conflit israélo-palestinien, les parties représentant les deux camps doivent pouvoir négocier en tant qu'égales et décider ensemble quelle solution servira au mieux les dix millions d'habitants de Palestine/Israël. Mais le succès d'Israël dans le maintien de sa domination sur le dialogue a bloqué n'importe quelle tentative sérieuse de discussion significative. Israël refuse d’accepter la parité entre lui même et les Palestiniens, et ne permettra aucune discussion sérieuse sur la transformation de la ségrégation raciste qui existe aujourd'hui en une vraie démocratie.

Israël a, depuis sa fondation, travaillé implacablement pour banaliser tout ce qui a eu lieu entre la destruction du Second Temple et sa fondation comme État. Cet effort s’est concentré en particulier sur la négation des 1400 années de la présence arabe et musulmane en Palestine. En ce qui concerne les Israéliens, cette présence n'était qu’un malheur historique auquel il a été remédié par l'établissement de l'État juif et le retour d'Eretz Israël à ses propriétaires légitimes en 1948. Cet effort a été réussi : même avec l'existence des principaux monuments Arabes et Islamiques, et une présence palestinienne significative, à la fois musulmane et chrétienne, peu d'Israéliens connaissent ou prennent soin de s’informer de la signification historique et culturelle des deux derniers millénaires. D'un point de vue israélien, la supériorité morale, historique et religieuse des réclamations juives à la terre sont absolues.

Puisque la notion de suprématie israélienne est profondément enracinée parmi les Israéliens et que c'est un facteur important dans la position d'Israël vis-à-vis des Palestiniens, nous pouvons comprendre pourquoi Israël n'a jamais accepté, et il est peu probable qu’aucun gouvernement sioniste ne l’accepte, les pourparlers sur une base égalitaire avec les Palestiniens. L'exemple suivant démontre qu'indépendamment des partis politiques et même dans le camp israélien pour la paix, l’égalité est boudée. Sur la question centrale de l'utilisation de la force, Israël maintient que les Palestiniens doivent s'abstenir et refuser d'employer les maigres moyens militaires qu’ils possèdent dans leur lutte pour leurs droits, et ils ont réussi à dépeindre la lutte palestinienne pour la liberté comme étant du terrorisme. (Par conséquent la question absurde répétée souvent par nombre de personnes en Israël et à l'ouest :  où est le Gandhi palestinien?  laisse entendre que le problème est la prédisposition des Palestiniens à recourir à la violence). Puisqu'il n'y a aucune égalité, et qu'Israël maintient sa grandeur morale, il est donc légitime d'employer la force militaire contre le  terrorisme  palestinien. Des Israéliens qui refusent de servir dans les forces armées ne sont pas identifiés par l'État en tant qu’objecteurs de conscience mais sont traités comme de simples criminels. Même le prétendu camp de la paix ne reconnaît pas les droits de ceux qui refusent de servir dans l’armée israélienne (puisque Israël a la grandeur morale pour dire qu’il n'y a nul besoin d’un Gandhi israélien).

L'attitude d'Israël en ce qui concerne toute résolution du conflit est fondée sur le fait qu'Israël déterminera la nature de la solution, et les Palestiniens devront se résigner à l'accepter ou à assumer les conséquences d‘un refus. Israël laissera aux Palestiniens un niveau d'indépendance qu'Israël déterminera, fondé sur sa propre perception de la conformité palestinienne aux intérêts israéliens. Le mieux que les Palestiniens puissent espérer est qu'Israël permettra, jusqu’à un certain point, une autonomie limitée sur des régions choisies de la Palestine historique, secteurs choisis par Israël seule. La possibilité que les deux parties doivent attendre une solution en tant qu’associés égaux est, comme nous l’avons expliqué précédemment, non acceptable. Le fait que les Palestiniens aient jusqu'ici accepté d'être dirigés par des intérêts Israéliens et d’être dominés par la politique d'Israël, cela est au delà de notre portée ici, mais ce qui est amplement clair est que les meilleurs intérêts des Palestiniens n’ont aucun poids. Israël n'a aucune intention de tenir compte d'une solution qui soit bonne pour les deux parties, et insiste pour pousser au maximum ses propres petits intérêts sans envergure.

La situation absurde où le partage est considéré comme la seule solution viable au conflit (ce n'est clairement pas une solution viable) permet à Israël de continuer à imposer sa volonté à chacun des dix millions d'habitants selon sa règle, et rend n'importe quelle lutte, qui viserait à mettre un terme à la domination sioniste sur la Palestine, inutile. Quand les efforts pour apporter une solution au conflit se focalisent sur la transformation du régime sioniste actif, actuellement en place, en démocratie libre et pluraliste, il est probable que cela développe plus d’élan et réussisse par la suite, même en face de la résistance sioniste.

L'histoire a prouvé qu'aussi longtemps que l'effort pour mettre un terme à la domination israélienne sur les restes de la Palestine se concentre sur la notion de partage, ou sur la solution des deux États, il est condamné à être inefficace. La solution de deux États est une feuille de vigne qu'Israël utilise pour couvrir ses politiques de confiscation de terre et d'oppression brutale. Les politiques d'Israël de ségrégation sont fermement liées à la notion chauvine qui veut qu'Israël devrait rester aux commandes de la terre et de ses ressources. Nous ferions bien de noter que la notion de partage sert seulement aux politiques sionistes de puissance et de domination, mais ne prend pas en considération les intérêts à long terme des Israéliens et des Palestiniens.

Puisque Israël prétend que la sécurité est sa première priorité, il soutiendra toujours que, pour des raisons de sécurité, il ne peut renoncer à telle colline ou telle vallée seulement pour conserver plus de terre pour ses colonies illégales à Jérusalem ou en Cisjordanie. Israël conserve également le seul et unique droit de déterminer qui représentera les Palestiniens en tant que partenaire dans les négociations avec Israël, en utilisant de nouveau de prétendues considérations de  sécurité . Israël a et, selon toute probabilité, continuera à discréditer (pour ne pas dire assassiner ou au moins arrêter) n'importe quelle personne peu disposée à accepter son droit de domination sur la terre et sur le dialogue. Voilà pourquoi de vraies négociations doivent avoir lieu.

Les arguments contre un seul État peuvent avoir leur mérite, mais ils ne reconnaissent pas une chose : que l'État unique n'est pas l'une des diverses options à considérer pour l'avenir ; l'État unique est déjà une réalité. Même si l'État d'Israël le nie énergiquement, chacune des dix millions de personnes qui habitent entre le Jourdain et la mer Méditerranée sont les sujets de l'État Juif. L'insistance israélienne sur le fait qu'un État palestinien est dans l’intérêt d'Israël et qu'Israël s’investit dans la création d'un État palestinien est un pauvre écran de fumée, et à la lumière des faits, cet argument ne tient pas la route. Les différents ensembles de lois et de restrictions de déplacements qui séparent les Palestiniens des Israéliens, permettent à Israël de créer l'illusion qu'il y a deux (ou peut-être trois avec Gaza) entités politiques qui régissent les deux peuples. Tristement, la réalité est que les différents bras du gouvernement israélien, et non des gouvernements indépendants, régissent les deux peuples. Les Palestiniens sont régis par le béhémoth [créature biblique monstrueuse – Ndt], système israélien de sécurité, qu’Israël a créé et maintient à un coût élevé dans le seul but de régir une population contre sa volonté. Les Israéliens sont régis par un régime radical, nationaliste, fondé sur la discrimination raciale qui feint d’être démocratique.

Afin d'éviter la possibilité de perdre sa puissance, Israël en effet a placé un veto sur n'importe quelle discussion de transformation de l'État juif en une démocratie laïque qui servirait toutes les personnes y vivant. En outre, Israël ne s'engagera dans aucune discussion sur les atrocités qu'elle a commises pendant la guerre de 1948, ni sur l'inversion de l'exil forcé sur des Palestiniens en 1948. Les Israéliens ont appris que même la mention des réfugiés et des événements de 1948 constitue une trahison, et peu sont disposés à en parler, et encore moins y placer la responsabilité d'Israël. La ligne officielle est que les  Arabes  ont rejeté le partage de l'ONU et les  Arabes  ont convaincu les Palestiniens de partir de leurs maisons et de leur terre et rien de cela n’a de rapport avec Israël.

En ignorant le problème des réfugiés, Israël a en fait délibérément fermé la porte à une solution pragmatique et juste. Mais il est difficile d'imaginer que toute résolution concernant la Palestine puisse être atteinte et soutenue à moins que les réfugiés soient représentés et à moins qu'ils ne fassent partie de la solution.

Le rapport oppresseur opprimé entre les deux nations tient une lourde place entre les Israéliens et les Palestiniens, quoique de différentes manières. Ce sera seulement une fois que les deux côtés seront libérés de ce fardeau qu'ils pourront trouver une solution acceptable qui passera l’épreuve du temps. C'est un défi difficile et le surmonter requerra des deux côtés de défier l’occupation et exigera que l'appareil d’occupation, le  système de sécurité  israélien soit démantelé. Au vue de la situation actuelle, les Israéliens sont soit inconscients de la douleur des Palestiniens, soit ils feignent de l’ignorer. Les Palestiniens, pour leur part, sont accablés par l'importance de la force brutale utilisée contre eux.

La nature de la solution doit naturellement être liée aux efforts pour l'atteindre. Vu la situation actuelle, Israël s'assure que tous les efforts investis dans la résolution du conflit soient placés vers le partage de la Palestine, qui selon toute probabilité ne se produira jamais. Quoique ces efforts ne rapportent aucun résultat, l’Ouest soutient Israël et la mention d'une démocratie laïque est considérée comme antisémite. Alors que les positions officielles des deux parties soient en faveur de cette solution, dans le cas d’Israël au moins, cette position est clairement fallacieuse. Tandis que la rhétorique israélienne prétend favoriser le partage de la terre, les gouvernements israéliens ont clairement agi d'une manière qui nie à jamais la possibilité d’émergence d'un État palestinien, et en fait ils ont scellé le destin des deux nations de vivre dans un Etat, gouverné par un seul gouvernement.

Israël a agi tout à fait délibérément pour cela, et elle l’a fait de deux manières : Éducation et Infrastructure. Si on jette un coup d'œil aux manuels utilisés dans les écoles israéliennes, il sera difficile de voir une carte d'Israël dans laquelle n'importe quel territoire palestinien soit tracé. Les étudiants israéliens apprennent, et cela très exactement, que la totalité d'  Eretz Israël  est incluse dans l'État de l'Israël. Les monuments et les établissements palestiniens sont rarement marqués et les villes palestiniennes, celles qu’on trouve dans ces livres, sont décrites simplement comme  non juives.  Les Palestiniens sont dépeints comme réfugiés ou pauvres, ce sont des personnes arriérées qui ne sont pas modernes et instruites comme les Israéliens et pour preuve de leur retard : ils ne peuvent pas faire un pas hors de leurs propres villages poussiéreux et encombrés vers le monde moderne. Les aspirations nationales palestiniennes sont ridiculisées et leur identité en tant que nation est, selon la version officielle, un nouveau phénomène qui a émergé seulement après la guerre 1967.

Les Palestiniens, qui sont des citoyens de l'État, sont désignés sous le nom  les Arabes d'Israël , un terme qui a deux objectifs : les dissocier des Palestiniens qui vivent dans les terres occupées en 1967, et de toutes les aspirations nationales qu'ils peuvent avoir. Le deuxième but est de dépeindre les citoyens palestiniens d'Israël comme des personnes qui n'ont aucune identité nationale autre que d'être des Arabes dont l'existence dans  notre  pays est une coïncidence. Ceci se prête à la réclamation que les  Arabes  ont 22 États et nous, les juifs, seulement un, donc s'ils ne l'aiment pas, ils devraient partir et aller vivre dans un autre pays  arabe .

Quant à l'infrastructure, exactement comme Israël l’avait fait au lendemain de la guerre 1948, les villes, les quartiers et les routes sont construits seulement pour des juifs sur la terre palestinienne. En ayant continué cette politique de grande expansion en Cisjordanie, Israël a brouillé les lignes utilisées pour créer une délimitation entre la Cisjordanie, où un possible État palestinien pourrait avoir été établi, et le reste d’Israël. Des villes avec des projets de logement massifs, et des complexes industriels avec des routes modernes les reliant entre eux et vers Israël ont été établis grâce à des dépenses énormes et représentent un investissement massif. Bien que la gauche israélienne traditionnelle soutienne toujours que tout ceci pourra être enlevé un jour lorsque la paix illusoire sera faite par le partage, ils reconnaissent un statut permanent à l'existence des colonies juives sur la terre occupée en 1967.

Afin d'éviter n'importe quelle tentative d’isolement de ces secteurs d'Israël, Israël investit également d'une part dans un dispositif massif de défense et d’autre part dans des campagnes de relations publiques. Les deux travaillent à l'unisson pour protéger, légitimer et, comme mentionné avant, donner le statut permanent à cette expansion. Le système éducatif sioniste et l'investissement massif combinés ont été un succès énorme, mais maintenant l'État juif doit avoir affaire avec une  minorité  isolée et privée des droits civiques qui équivaut à la moitié de la population.

Accepter la transformation d'Israël en un État démocratique comme étant la solution au conflit considérée comme la plus élevée, rendra possible, par une lutte plus efficace, la fin de l’occupation, qui est le régime de fait de ségrégation qu’Israël a mis en place. Il est nécessaire de s’éloigner de la position de tant de groupes pacifiques qui pensent que la solution à deux États est la solution finale. Même si cela a pu être, à un moment donné, une solution réaliste ce n'est plus le cas ; et même si c’est, selon l’avis sincère de nombreux militants de la paix, leur solution préférée, elle est devenue obsolète en raison des politiques expansionnistes d'Israël. Les militants pacifistes feraient mieux de le reconnaître et de s’unir dans un mouvement contre l'apartheid pour transformer Israël en démocratie laïque.

On entend constamment des discussions sur la fin de l'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix, discussions fondées sur le mythe de l'existence d'un tel processus, dont l'issue serait un État palestinien vivant en paix à côté d'Israël. Mais qu'est-il de cette solution apparemment parfaite qui rend cela si illusoire ? De la résolution de l’ONU de 1947 de diviser la Palestine jusqu’à une Carte plus récente, chaque plan pour séparer la terre en deux entités politiques a, non seulement, échoué mais a également attisé davantage la violence. En regardant les diverses propositions, nous voyons que chacune a permis une plus grande domination israélienne du débat et de la terre aux dépens des Palestiniens, tout en exigeant l'acceptation palestinienne. En d'autres termes, chaque prétendu  plan de paix  a renforcé la main mise sioniste sur la terre et les ressources. Le plan de partage de 1947 était un plan mal conçu qui n'avait aucune chance de survivre à la solution qui donnerait la majorité de la terre à la minorité juive. Comme si ce n'était pas assez fou, près de 400.000 Palestiniens auraient dû vivre à l’intérieur des limites de l'État dessiné pour la population juive. Il s'est avéré que le leader sioniste avait un plan et, à la première occasion, la milice israélienne a commencé à jeter ces personnes, qui n'ont rien eu à dire pour déterminer leur futur, hors de leurs maisons et loin de leur terre.

Les propositions les plus récentes offrent aux Palestiniens, qui comptent aujourd'hui environ 50% de la population, quelque chose entre 10% - 15% de leur patrie historique. Le dernier recensement publié dans Haaretz en février 2008, note que toute la population de Cisjordanie et de Gaza combinées s’élève maintenant à 4 millions ; la population palestinienne dans l'état d'Israël proprement dit est de près de 1.5 million. La population totale d'Israël sans les citoyens Palestiniens est autour de 5 millions. 5 millions de citoyens juifs à qui on offre plus de 90% des terre et des ressources, et si les Palestiniens veulent la  paix  ils doivent s’établir sur le reste des terres. Sans compter tout cela, il y a les réfugiés palestiniens dont les voix et les droits ont été passés sous silence par la force au cours des dernières années, mais sans l’accomplissement de la moindre solution.

Une lutte mutuelle pour l'égalité dans un seul État tient la promesse d'une résolution du conflit palestino-israélien. Le conflit sanglant entre Israël et les Palestiniens ordonné avec une force brutale, peut se conclure par la déroute de l'appareil israélien de sécurité qui est chargé d'imposer l'oppression. La déroute de l’occupation par une lutte commune avec un but précis vers la transformation d'Israël en une démocratie laïque tiendra la promesse d'un grand futur pour les deux nations.

L'idée des Israéliens et des Palestiniens vivant dans une seule démocratie est considérée par certains comme naïve, et c’est peut-être le cas. Mais on doit se demander : Est-ce que l‘actuelle branche ségrégationniste sioniste qui cultive la crainte et le soupçon, offre un futur? La transformation d'Israël en une démocratique, pluraliste, laïque, qui offrira la même citoyenneté à chacune des dix millions de personnes qui résident en Palestine historique peut fournir une solution saine au conflit. En outre, bien que la moralité soit rarement mentionnée comme objectif politique, il est moralement juste de transformer Israël en un État dirigé par la volonté du peuple plutôt que par l'autorité sur le peuple. Il est moralement juste d’amener les deux nations sur la voie de l’égalité des chances et de leur donner une parole égale pour déterminer leur futur partagé.

Quand les Israéliens et les Palestiniens travailleront ensemble au profit de leur propre futur et du futur de leurs enfants, il n’y aura plus aucun problème qu'ils ne pourront résoudre. Les deux peuples ont montré qu'ils sont capables de grandes choses, et on peut s’attendre à ce que la démocratie qu'ils créeront leur servira. Ensemble, les deux nations fixeront leurs droits mutuels, leur destin partagé et leur riche patrimoine.

Personnellement, je souhaite ajouter les pensées suivantes : En tant qu'Israélien qui a été élevé dans l’idéal sioniste d'un État juif, je sais combien il est difficile pour beaucoup de juifs et de Palestiniens d’abandonner le rêve d'avoir un Etat qui est exclusivement  leur État . À mon avis, il y a quelque chose de plus grand que ce rêve : Vivre en paix et élever nos enfants dans notre patrie partagée ; Apprendre aux enfants les riches traditions de cette terre et l'héritage laissé pour eux par leurs ancêtres. Chaque église, mosquée et synagogue à travers le pays raconte une histoire ; les villes et les citadelles antiques sont partout, et chaque parcelle de terre laisse entrevoir la marque de grands rois et philosophes. Tout cela compose la riche mosaïque de notre patrie, et je souligne notre patrie, que nous soyons Palestiniens ou Israéliens, musulmans, juifs, ou chrétiens.

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