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N° 20 (10 février 2008)

Introduction

Les évènements qui viennent de se dérouler à Gaza nous amènent à reprendre ce que nous avons écrit il y a deux mois dans le cadre de la préparation de la conférence de Madrid :  Beaucoup ont cru, à partir de 1993, que la proposition d’établir sur les terres de Palestine deux États permettrait d’apporter la paix. Depuis 1993, la situation du peuple palestinien n’a cessé de se dégrader.  On en voit aujourd’hui une nouvelle illustration.

Le 23 janvier la population palestinienne de Gaza a brisé l’étouffement dans lequel voulait la plonger l’armée d’occupation israélienne. La brèche dans le mur qui fermait la frontière entre la Bande de Gaza et l’Égypte a vu passer, tels des prisonniers évadés d’un bagne, des centaines de milliers de palestiniens à la recherche de nourriture, de quoi se chauffer, d’abris pour se protéger de la barbarie de l’État hébreu. Par ce mouvement, les palestiniens montrent qu’ils ne peuvent accepter de vivre comme des parias. Aucun peuple ne saurait accepter.

A peine 4 jours après le récent départ de Georges Bush du Moyen Orient, on comptait déjà 40 morts dans la Bande de Gaza, plus de 90 blessés, pour la plupart des civils. Le blocus israélien, l’arrêt des livraisons de fuel et de biens de première nécessité plongeait la ville de Gaza dans le noir et le dénuement. Les images de Gaza (sans oublier celles de la Cisjordanie et des camps de réfugiés) renvoient aux pires heures de l’histoire.

Plus que jamais, il est impossible d’accepter. Tout le monde le sait, et le ministre israélien de la défense Ehud Barak l’a réaffirmé : l’offensive n’est pas terminée. L’objectif des forces d’occupation est l’annihilation complète de toute forme de résistance, la destruction de la Nation palestinienne, parce qu’il s’agit là du préalable à la mise en place du pseudo État palestinien, dont les 2/3 du peuple seraient exclus et livrés à la dislocation.

Quinze ans après Oslo, 8 ans après l’élection de Bush à la présidence américaine, c’est la même politique de purification ethnique, entamée en 1948 par la création de l’Etat hébreu, qui se poursuit. De la Feuille de Route à la Conférence d’Annapolis, le garrot n’a cessé de se resserrer autour des revendications nationales démocratiques du peuple palestinien, dont la première est celle du droit au retour. Ni les Etats-Unis, ni Israël ne cherchent de nouvelles solutions, mais l’anéantissement de toutes les bases qui font qu’une population existe. Droit au retour des réfugiés et de leurs familles, reconstruction des villages détruits : n’est ce pas ce droit qu’il faut anéantir ?

Les palestiniens devraient accepter d’être confinés dans ce pseudo  État  sur moins de 12% de leur territoire historique et dans des camps. Ils devraient accepter d’abandonner leur droit d’être une nation. Est il normal qu’un peuple veuille vivre libre sur sa propre terre ? Quel démocrate peut-il s’opposer à cela ?

Comment Bush peut il parler d’objectif de  paix et de liberté  lorsqu’il est interdit à près de 7 millions de réfugiés de revenir, lorsqu’un peuple, divisé par la force se trouve menacé partout où il se trouve, que ce soit à l’intérieur de l’État d’Israël, dans les territoires occupés depuis 1967, dans la diaspora ?

Répétons-le, comme nous ne cessons de le faire : la condition à toute avancée vers une solution démocratique ne réside-t-elle pas dans la mise en oeuvre du droit au retour ? La mise en oeuvre pratique de ce droit implique l’instauration d’une démocratie politique, c’est à dire du cadre qui permettra l’expression pleine et entière de l’égalité des droits de tous ceux, Arabes et Juifs, qui veulent vivre sur la même terre, dans un seul et même État laïque et démocratique.

Assez de barbarie et de répression ! Droit au retour pour tous les réfugiés dans un seul état laïque et démocratique !

La revue Dialogue, qui soutient la conférence internationale convoquée par Salah Salah et Daniel Gluckstein estime au regard des circonstances actuelles, qu’il est plus que jamais essentiel qu’une telle initiative soit organisée. Sans autre engagement, nous y proposerons que soit librement discutée la question Palestinienne, qui répétons le, s’inscrit comme une question mondiale pour mettre un coup d’arrêt au chaos anti démocratique organisé à l’échelle planétaire.


Sommaire :

p.3
Introduction
p.4
Messages envoyés par des signataires de l’appel pour une conférence internationale
p.6
La  sécurité d’Israël  est synonyme de la suppression du droit au retour.
Par Salah Mohamed (militant palestinien – Alger)
p.8
2 novembre 2007 : 90ème anniversaire de la Déclaration Balfour.
Par Sam Ayache
p.11
Note de lecture :  Exil et souveraineté - judaïsme, sionisme et pensée binationale… , d’ Amnon Raz-Krakotzkin (Editions La Fabrique).
Par Jacques Werschtein
p.14
Israël à la recherche de ses racines en terre de Palestine:Sionisme et Archéologie 2ème partie.
Par Claudine Dauphin
p.23
Déclaration sur le 59ème  anniversaire de la Nakbah.
Par Eyad Kishawi
p.27
Charles Enderlin,  Le rêve brisé – histoire de l'échec du processus de paix au Proche-orient 1995-2002 .
Par Pierre Lambert

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